Malus sur une voiture importée en 2026 : le calcul complet

Barèmes à jour au 01/01/2026 · mis à jour le 01/01/2026

C'est LA question qui fait dérailler les budgets d'import : « combien de malus vais-je payer ? ». La réponse tient en deux règles que la plupart des annonces et des forums résument mal : le malus d'un véhicule importé d'occasion se calcule avec le barème de son année de première immatriculation (pas celui de l'année en cours), puis il est réduit par une décote qui dépend de son ancienneté en mois. Voici comment ça marche, sans approximation.

Règle n°1 : le barème de l'année de première immatriculation

Quand vous immatriculez en France un véhicule déjà immatriculé à l'étranger, l'administration ne vous applique pas le barème du malus de l'année en cours : elle retient le barème en vigueur l'année de la première immatriculation du véhicule, à l'étranger. Une BMW 120i immatriculée en Allemagne en mars 2021 se voit appliquer le barème 2021 (seuil de déclenchement et montants 2021), même si vous l'importez en 2026.

Conséquence directe : deux véhicules identiques au gramme de CO2 près peuvent générer des malus très différents selon leur millésime. Les barèmes se sont durcis chaque année : un modèle de 2019 taxé sur la norme NEDC peut être bien mieux traité qu'un 2022 taxé en WLTP, ou l'inverse selon les valeurs du certificat de conformité. Consultez le barème 2026 et ceux des années précédentes pour situer votre véhicule.

Attention à la norme de mesure : jusqu'à février 2020, les barèmes s'appuient sur le CO2 NEDC ; à partir de mars 2020, sur le CO2 WLTP (généralement plus élevé de 20 à 30 %). La valeur qui compte est celle de la case V.7 de la carte grise étrangère ou du COC.

Règle n°2 : la décote pour ancienneté, en mois

Le malus calculé au barème d'origine est ensuite réduit d'un pourcentage qui dépend de l'ancienneté du véhicule, comptée en mois depuis sa première immatriculation (Code des impositions sur les biens et services, art. L.421-7-2). Plus le véhicule est ancien, plus la réduction est forte, jusqu'à une exonération totale au-delà du seuil fixé par le texte.

C'est ici que les blogs se trompent le plus : l'ancien abattement forfaitaire de 10 % par an a disparu, et la confusion entre « exonération à 10 ans » et le seuil réel en mois est partout. Ne faites pas votre budget sur la foi d'un article : le tableau officiel de décote, mois par mois, est publié sur Légifrance, et notre simulateur l'applique automatiquement.

En pratique : un malus brut de 3 000 € au barème d'origine peut retomber à quelques centaines d'euros après décote sur un véhicule de 6 ou 7 ans. À l'inverse, sur un véhicule de 12 ou 18 mois, la décote est faible : le malus reste presque plein.

La taxe au poids (malus masse) sur les imports

Depuis 2022, une taxe sur la masse en ordre de marche s'ajoute au malus CO2. Elle suit exactement la même logique pour un import : barème de l'année de première immatriculation, puis décote d'ancienneté. Un véhicule immatriculé à l'étranger avant 2022 n'y est donc pas soumis.

La masse qui compte est celle de la case G de la carte grise. Le seuil de déclenchement et les tarifs par kilo évoluent chaque année (le seuil a baissé au fil des lois de finances) : vérifiez le barème de l'année d'origine de votre véhicule. Les électriques sont exonérées ; certains hybrides rechargeables bénéficient d'abattements.

Les exonérations à connaître

  • Électriques et hydrogène : exonération totale de malus CO2 et de taxe au poids.
  • Véhicules anciens : au-delà du seuil d'ancienneté fixé par le CIBS, plus aucun malus n'est dû. Les youngtimers importés échappent ainsi au malus.
  • Antérieurs au malus : un véhicule immatriculé avant l'instauration du malus (2008 pour le CO2) n'entre pas dans le barème.
  • Cas particuliers (familles nombreuses, personnes en situation de handicap) : des réductions existent, sur demande, avec leurs propres conditions.

Le malus se paie une seule fois, au moment de la première immatriculation française, en même temps que la carte grise.

Exemple concret

Prenons une compacte sportive essence immatriculée en Allemagne mi-2021, 155 g/km WLTP, importée début 2026 :

  • Barème applicable : celui de 2021 (année de première immatriculation), pas celui de 2026.
  • Malus brut au barème 2021 pour 155 g : quelques milliers d'euros.
  • Ancienneté ≈ 54 mois : décote substantielle appliquée sur ce montant.
  • Immatriculée avant 2022 : aucune taxe au poids.

Le même véhicule en millésime 2023 aurait déclenché la taxe au poids ET un barème CO2 plus dur, avec moins de décote. D'où l'intérêt de simuler avant de faire une offre : le millésime change tout.

Questions fréquentes

Quel barème de malus s'applique à une voiture importée d'occasion ?
Celui de l'année de première immatriculation du véhicule à l'étranger, pas celui de l'année d'importation. Le montant est ensuite réduit par une décote qui dépend de l'ancienneté du véhicule en mois (CIBS art. L.421-7-2).
Une voiture importée de plus de 10 ans paie-t-elle un malus ?
Le seuil d'exonération totale est fixé en mois par le Code des impositions sur les biens et services, et il a été modifié en 2025. Ne vous fiez pas au raccourci « 10 ans » : vérifiez le seuil en vigueur sur Légifrance ou utilisez le simulateur, qui applique le tableau officiel.
Le malus au poids s'applique-t-il aux véhicules importés ?
Oui, pour les véhicules dont la première immatriculation est postérieure à l'instauration de la taxe (2022), avec le barème de l'année d'origine et la même décote d'ancienneté que le malus CO2. Avant 2022 : pas de taxe au poids.
Quand et comment le malus se paie-t-il ?
Une seule fois, lors de la demande de carte grise française (via l'ANTS). Il s'ajoute à la taxe régionale et aux frais fixes du certificat d'immatriculation.

Sources officielles

Et pour VOTRE véhicule, ça donne quoi ?

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